Les capitales européennes du vélo : Amsterdam, Copenhague, Strasbourg

Les capitales européennes du vélo : Amsterdam, Copenhague, Strasbourg

Avant d’emménager à Strasbourg, j’avais entendu dire de cette ville qu’elle était « mignonne », « sympa ». Que les Strasbourgeois étaient des gens sympas et que j’allais adorer y vivre. J’avais également entendu parler de son marché de Noël. En revanche, personne ne m’avait dit qu’on pouvait voir Strasbourg comme une sorte d’Amsterdam française et qu’elle figurait, au même titre que son homologue néerlandaise parmi les capitales européennes du vélo.

Pourtant, à Strasbourg comme à Amsterdam, j’ai été marquée par le nombre de cyclistes et de vélos garés ici et là.


capitales européennes du vélo - parking à vélos à Strasbourg

Un parking à vélo à côté d’un arrêt de bus à Strasbourg


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Ce qui n’a rien d’étonnant puisque Strasbourg est la quatrième ville la plus « bicycle-friendly » au monde, d’après le Copenhagenize Index. D’après ce même classement, la capitale néerlandaise arrive troisième, Copenhague s’étant hissé à la première place en 2015.

Il existe néanmoins encore un fossé entre Copenhague, où 62 % des habitants choisissent le vélo pour leurs déplacements quotidiens, Utrecht et Amsterdam (38 % des Amstellodamois et 27 % des habitants d’Utrecht utilisent le vélo pour leurs déplacements), et Strasbourg, où 16 % des habitants se déplacent à vélo au quotidien.

Ce n’est qu’en 2015 que Strasbourg a fait son entrée dans le classement en 2015, puisque jusqu’alors, le recensement ne permettait pas aux habitants de distinguer entre les déplacements effectués sur un deux-roues motorisé ou non-motorisé. Mais la réelle ‘transformation’ de Strasbourg en une des capitales européennes du vélo remonte aux années 1960 et 1970. Et coïncidence amusante, c’est à la même époque et pour des raisons similaires qu’Amsterdam a acquis son statut de capitale mondiale du vélo.

 capitales européennes du vélo - Amsterdam - Le parking à vélo géant de la Gare centrale

Le parking à vélos géant de la Gare centrale d’Amsterdam.

 

Comment Copenhague, Amsterdam et Strasbourg sont-elles devenues les capitales européennes du vélo ?

 

Dans les années 1960 et au début des années 1970, à Strasbourg, Copenhague et Amsterdam comme dans toutes les grandes villes du « monde occidental’, le vélo était progressivement délaissé tandis que les voitures se faisaient de plus en plus nombreuses. Et le nombre d’accidents de la circulation augmentait lui aussi.

Or en 1969, une mère de famille trouve la mort dans un accident. En 1971, ce sont plus de 400 enfants qui décèdent d’accidents de la route à Amsterdam. Ces événements tragiques marquent les habitants des deux villes et sont à l’origine de mouvements d’opposition aux automobiles. En 1975, un prêtre de Strasbourg, Jean Chaumien, fonde le ‘Comité d’Action Deux-Roues‘ (CADR), tandis qu’à Amsterdam, des manifestations sont organisées par différents groupes, parmi lesquels le ‘Stop de Kindermoord’ (‘Arrêter les meurtres d’enfants’ en néerlandais). Sous les pressions conjointes des manifestants et de la crise pétrolière, les autorités locales commencèrent alors à adopter des politiques pro-cyclistes.
Des séminaires et visites d’étude conjoints furent organisés par les associations et dirigeants locaux en France, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Au Danemark, ce n’est qu’à la fin des années 1970 / début des années 1980 que les cyclistes commencèrent à manifester contre l’expansion des grandes routes et que les autorités se penchèrent sur les liens entre santé publique et présence des voitures en ville.

Aujourd’hui, à Copenhague, les voies cyclables s’étendent sur plus de 450 kilomètres. La capitale danoise compte également 16 ponts (neufs ou en construction) réservés aux cyclistes et piétons. Amsterdam compte 400 km de pistes cyclables tandis que Strasbourg et les villes voisines revendiquent un total de 600 km. Dans la ville alsacienne, ces voies sont particulièrement larges : des voitures pourraient certainement y circuler. Un marquage au sol sépare la voie cyclable du trottoir réservé aux piétons -un truc auquel j’ai d’ailleurs mis un peu de temps à m’habiter, étant plutôt coutumière de voir circuler les vélos sur la chaussée…

Surtout, à Copenhague, Amsterdam (et Strasbourg), ce n’est pas seulement le nombre de kilomètres de pistes cyclables qui intéressent les autorités locales mais aussi les question de sécurité des cyclistes et d’accès aux infrastructures (que l’on parle de la facilité de trouver un place de parking pour son vélo ou bien carrément de la possibilité d’emmener la petite reine dans le métro ou même le taxi !).

 

capitales européennes du vélo - Amsterdam - Vélos et canaux

Mini parking à vélos au bord d’un canal à Amsterdam.

 


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Visiter Copenhague  / Amsterdam / Strasbourg à vélo

 

A Copenhague et Amsterdam, célèbres pour leur culture cycliste, il existe de nombreuses possibilités de faire du tourisme en vélo. 

Europe's biking capitals

Le site de l’agence pour la promotion du tourisme à Amsterdam, Iamsterdam.com recense ainsi de nombreux tours de la ville à vélo, tandis que le site Amsterdam.info liste plusieurs boutiques louant des vélos. Sans compter qie dans le centre-ville, nombreux sont les panneaux invitant les passants à louer une bicyclette.

De même, l’agence pour la promotion du tourisme à Copenhague VisitCopenhagen.com liste plusieurs magasins de location de vélos et tours à vélo. Le magazine en ligne Scandinavian Standard a également publié un court article (joliment illustré !) portant sur les meilleures offres  et adresses pour la location d’un vélo.

 

Si les possibilités paraissent également nombreuses à Strasbourg, elles ne semblent pas forcément autant mises en valeur.

A titre personnel, je trouve le site de l’office du tourisme de Strasbourg moyennement bien fait. Est mentionné le fait que l’office du tourisme vend une carte des pistes cyclables et tours à vélos, pour 1 euro, tandis qu’un lien renvoie au site de Vel’hop, l’agence de location de vélos de la ville. Et puis c’est tout.

En complément, j’ajouterai :

  • Il est possible de réserver un vélo en ligne, sur le site de Vel’hop! Les tarifs de Vel’hop semblent être les plus intéressants pour des locations de courte durée (moins de 24 heures), ou au contraire, pour de la longue durée (plus de 3 semaines, mais il faut alors se rendre en boutique). La location coûte 1 euro de l’heure pour les cinq premières heures, puis 5 euros pour la demi-journée (5 à 12 heures) et enfin 10 euros pour la journée. La garantie est de 150 euros.

  • Les magasins de réparation ou de vente de vélos Esprit Cycle et Rustine et Burette proposent également des vélos à la location. Les prix qu’ils pratiquent sont plus intéressants pour une location pour plusieurs jours ou une semaine. Toutefois, contrairement aux boutiques Vel’hop, ces magasins sont fermés le dimanche (certaines boutiques Vel’hop sont ouverts le dimanche durant le printemps et l’été) et même le lundi en hiver. Le dépôt de garantie demandé est également plus élevé.

  • Le site Alsaceavelo permet de localiser des magasins où louer un vélo dans la région (à Strasbourg et dans les villes voisines) et recense les pistes et des idées de promenades à vélo.

 

  • Enfin, s’agissant des visites guidées à vélo, le site Viator, petit frère de TripAdvisor, propose différents tours, à partir de 35 euros. Cette option n’est pas ma préférée, dans la mesure où il est possible de louer un vélo à la journée, d’acheter un guide touristique et de faire une visite à son rythme pour le même prix… Mais n’ayant pas encore participé à ce genre d’activité, je ne peux avoir un avis plus argumenté.

 

De mon côté, je me suis mise en quête de mon propre vélo !

 

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